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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> L'Odyssée Magique

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Chapitre 4 - Circé
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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Chapitre 4 - Circé
Créé : 10/09/2026 à 23:24:11 - Modifié : 11/09/2026 à 17:32:58


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Chapitre 4 - Circé

La mer s'était enfin tue.

Pour la première fois depuis de longues heures, les vagues ne semblaient plus vouloir les engloutir. Le navire glissait paisiblement sur une eau presque immobile, comme si les dieux, quels qu'ils soient, et peut être Poséidon lui-même avait décidé de vous accorder un répit.

Personne n'osait vraiment s'en réjouir ; après tant d'épreuves, le calme paraissait presque suspect.

Puis une île apparut à l'horizon, indiquée par le tableau d'Homère vous aviez dirigé votre navire vers elle. Cette terre semblait surgir de la brume comme un de ces tableau oublié au sein de Poudlard. Les falaises blanches disparaissaient sous une végétation luxuriante où se mêlaient pins, cyprès et arbres chargés de fruits. Des oiseaux au plumage éclatant traversaient le ciel tandis que, plus loin, des biches à la lisière des bois. Mais ce ne sont pas les seuls animaux que vous alliez croiser, l'île en était littéralement remplie. Ils n'avaient pas peur de vous, certains vous fixaient même avec un calme presque...humain.

Mais malgré tout, tout respirait la sérénité.

Les réserves amassées chez Polyphème se vidaient déjà. Malgré le nombre de vivres récupérées au péril de leur vie, ils étaient nombreux et les enfants mangeaient lorsqu'ils avaient peur, ou qu'ils s'ennuyaient. Les derniers morceaux de pain avaient disparu la veille et chacun sentait désormais la fatigue de plusieurs nuits blanches après la tempête, s'ajouter à la faim. Alors lorsqu'une odeur de pain chaud, de viande rôtie, de miel et d'herbes fraîches vint jusqu'à vous, plusieurs regards se levèrent presque simultanément.

« Vous sentez... ? »

La question resta suspendue, répétée par les plus petits dont le ventre gargouillait déjà.

L'odeur devenait de plus en plus présente à mesure que vous progressiez à travers un sentier bordé de fleurs sauvages. Au détour des arbres apparut finalement une vaste demeure de pierre blanche, élégante sans être intimidante. Des colonnes soutenaient un portique couvert de vignes et, au-delà des larges portes ouvertes, on distinguait une immense salle où une table semblait déjà dressée.

Comme si votre arrivée avait été attendue.

Une femme vint alors à votre rencontre. Sa longue chevelure sombre retombait sur une tunique d'une blancheur immaculée. Son regard était calme, presque bienveillant, et son sourire possédait une douceur rassurante, maternelle. Dans un coin de la pièce ce que vous aviez tout d'abord pris pour un énorme flereur, se léchait consciencieusement les pattes en vous fixant calmement.

« Soyez les bienvenus, voyageurs, enfants. Vous semblez épuisés. Venez donc partager mon repas, et vous reposer dans mes chambres d'amis, avant de reprendre votre route. »

Sa voix était mélodieuse, chaleureuse, sans la moindre trace d'hostilité. Si vous étiez dans un premier temps légèrement soupçonneux, votre paranoïa s'éteignit et seuls ceux qui avaient suivit une formation d'occlumancie pouvaient reconnaitre ce qui se passait. Ce qu'elle faisait.

Sur la table s'entassaient des pains encore fumants, des grappes de raisin, des figues mûres, des olives, des poissons grillés, des volailles rôties, des plateaux de fromages, des gâteaux nappés de miel et des coupes débordant de vin parfumé. Une abondance presque irréelle après les privations et les dangers que vous veniez d'endurer. Et cette fois-ci, il n'y avait pas de cyclope qui risquait de vous dévorer.

Et alors que vous goutiez la première bouchée, votre regard se plongea dans celui de votre mystérieuse hôtesse. Était-elle réellement aussi généreuse qu'elle semblait l'être... ou ce festin cachait-il un tout autre dessein ?

Vos membres se mirent à vous picoter, comme une peau devenue trop étroite. Des exclamations étouffées, des cris de surprise... puis des sons qui n'avaient plus rien d'humain. Une horde d'animaux se tenait à présent à votre place et Circé, la grande magicienne, souriait d'un air profondément satisfait.


Mission collective

Décrivez votre transformation en animal. Vous pouvez choisir n'importe lequel et le justifier grâce à sa ressemblance physique ou moral avec votre personnage. Vous pouvez le dessiner également et l'intégrer à votre post.


Mission individuelle

Faire ces deux puzzles et envoyer par mp la preuve de leur réalisation.

puzzle facile (45 pièces) -

puzzle difficile (300 pièces)

Pour rappel, afin d’obtenir le bonus de temps vous devez participer au RP et avoir envoyé votre mission individuelle avant le 13 Septembre 23h59 HF à Tableau D'Homère.




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Préfet en chef
Chroniqueur Gryff'Time
Membre des Maraudeurs
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Gryffondor
1re année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 00:17:58 - Modifié : 11/09/2026 à 20:05:05

Meelo quittait le bateau d'un pas rapide, excité de ne plus jamais y mettre le pied. Bien qu'il n'avait pas le mal de mer, la simple vue de ce maudit navire le rendait MALADE. Bien que tout le monde était très gentil avec lui, le garçon avait juste envie d'être chez lui, faisant des pirouettes dans le cirque où il avait été élevé. Du moins, jusqu'à ce que son regard croise celui de la femme la plus belle qu'il n'avait jamais rencontré. Immédiatement, ses pensées virent s'embrouiller. Pourquoi partir ? Pourquoi quitter cette déesse qui promettait de prendre soin de lui.. de le nourrir ? Une idée loufoque qu'il abandonna jusqu'à ce qu'il goûte au festin organisé par Circée. Immédiatement, Meelo pouvait sentir sa transformation ; sa peau était trop petite pour son corps et ses oreilles trop lourde, obligeant le garçon à tomber par terre sur le dos. Il resta coincé dans cette position, son nez se secouant dans tout les sens.. ou plutôt sa trompe. Les cris qui sortirent de sa bouche étaient alarmés et pas ceux d'un humain, mais l'éléphant ne pouvait faire rien d'autre que de s'agiter dans tous les sens, détruisant plusieurs meubles sous ses pattes.

« BRRRRRRRRRRRRRRRRRROOOOOOOAAAA »


Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 02:19:22

Nathan Fray s'éveilla.
Le bateau quitta la tempête.
Il fallut remettre les voiles.
Et l'Odyssée reprit.

***

Ce furent quelques jours compliqués, mais suffisamment paisible pour que Jade puisse reprendre en main diverses choses.
Et cela commençait par une réunion d'équipe avec Terry. Puisque Carter s'était volatilisé, ayant peut-être réussi à transplaner en sécurité, ils n'étaient que deux adultes.
— Merci pour la roche.
C'était... un hochement de tête altier, un ton poli du suave de l'aristocrate, un remerciement sincère mais émotionnellement détaché afin d'éviter de s'endetter.
Jade s'était retranchée dix ans à l'intérieur d'elle-même, et quinze mois ne suffisent pas à inverser autant de violence.
Elle se sentait embarassée, vulnérable ; ses émotions étaient volatiles et son énergie au plus bas. Comment remercier Terry ?
Lorsqu'il l'avait récupérée, ç'avait été différent. Elle lui vouait une confiance totale et n'avait pas hésité à s'accrocher physiquement à lui ni à suivre ses conseils. Elle n'avait pas hésité à se mettre dos à dos, baguette brandie.

Mais dans le calme après la tempête ?
Remercier. Discuter, un peu? Jade ne savait plus faire. Elle était en mode urgence, et ce fut ce qui prit le dessus :
— J'ai dormi tout mon soûl, j'ai récupéré... nous avons tous à peu près récupéré. Sauf que des enfants qui ont arrêté de dormir et qui ont désormais de l'énergie pour s'angoisser, des adolescents laissés sans distraction... C'est une catastrophe annoncée.
Leurs réserve de vivres baissait.
Il allait falloir les rationner et en général, des ventres à moitié remplis déclenchaient des disputes.
— Plus de runes pour l'instant. J'ai coupé le contact, elles devraient être assez fortes à présent. Merci de m'avoir arrêtée. Il y avait tellement de risques... j'aurais fait n'importe quoi pour protéger ces enfants.
Jade soupira.
L'horizon était brumeux. Elle n'arrivait pas à se souvenir d'à quelle étape une brume correspondait. Parce que son esprit était surtout focalisé sur les cabines et les élèves qu'elles contenaient.
— La navigation peut prendre... plusieurs semaines. Il faut organiser des activités... Une routine, un emploi du temps. Des cours, les plus âgés peuvent aisément préparer un sujet. Et... il faut trouver un moyen pour que les enfants écrivent à leurs parents. Cela commence à être une obsession chez certains. Si jamais il leur arrivait quoi que ce soit... il faut qu'ils puissent écrire des messages, et que nous les enfermions. Dans des bouteilles à la mer? Dans les tubes métalliques ça et là?

Des semaines, avait dit Jade. En réalité, cela pouvait devenir des mois. Sans distraction ni nourriture cérébrale, tout le navire sombrerait dans la folie.
S'organiser sur le bref temps de répit semblait plus que nécessaire.

***

Outre Meelo et quelques élèves particulièrement secoués, il y avait encore deux adolescents à qui Jade désirait parler.
L'état de Nathan ne lui était guère connu : elle s'était détournée dès qu'ils s'étaient perdus dans le regard l'un de l'autre afin de leur laisser de l'intimité.
— Bonjour Nathan, Margaret.
Demander l'autorisation aurait été plus poli, mais ç'aurait été prendre le risque d'un refus ; Jade s'épargna un mal de crâne.
— Je tenais à m'excuser, Margaret. Nathan avait possiblement avalé de l'eau ; il risquait de vomir, et j'ignorais s'il parvenait à respirer correctement. Ce sont les premiers gestes de secours : défaire les boucles, les cravates, tout ce qui se trouve près du ventre et de la gorge. Libérer les voies respiratoire.
Elle avait vu le malaise de l'adolescente et l'incompréhension. Mais il n'y avait pas eu le temps de revenir en arrière ; Nathan était inconscient et ils risquaient un coma, des séquelles...
— J'aurais dû moi même porter ces soins et expliquer pourquoi en le faisant ; je me suis trompée en pensant que tu étais la personne la mieux placée. Je te présente mes excuses.
L'adulte posa son regard de jade sur les deux Serdaigles avec prudence.
— Comment te sens-tu Nathan ?

***

Utiliser de la craie pour jouer aux dames, au morpion, à la marelle, sur le pont désormais stable du bateau.
Essayer de dénicher de quoi écrire. Certains élèves avaient des stylos bics, mais les feuilles n'avaient pas exactement survécu à la tempête.

Jade avait récupéré une partie de ses forces lorsqu'une île apparut enfin à l'horizon.
* Merci Morgane, je commençais à me demander si nous voguions réellement. La mer semble tellement calme que le nombre de milles parcourues aurait pu être trois comme cent. *

Cela signifiait cependant autre chose.
Le calme était terminé, et une nouvelle catastrophe allait s'abattre sur eux.
Jade ne mit que quelques secondes avant d'atteindre le tableau d'Homère:
— Vous nous dirigez, oui. Navigateur, capitaine presque. Mais à qui va votre loyauté? Aux héros de vos légendes? A d'éventuels secours, auquel cas disons, aux personnel de Poudlard... ou où d'autres Crées encore ?

Il fallait pourtant se ravitailler, récupérer de l'eau fraîche, car celle provenant de la cave risquait de finir par les rendre malades, et donc mettre pied à terre.

La végétation luxuriante fut à la foix source de soulagement et une torture.
* Le Domaine. On se croirait au Domaine... là, des oiseaux de la Volière, là des chevaux d'écuries... Oh mon enfant, où es-tu en ce moment ? Es-tu au Domaine ? Es-tu en sécurité ? Déesses, Onyx, si tu laisses quoi que ce soit lui arriver... *
L'île était paisible.
Mais l'Odyssée commençait.

Il y avait un petit garçon parmi eux qui connaissait parfaitement l'Odyssée. Il avait identifié les fleurs de Lotus. Il avait parlé de la façon dont Ulysse s'était échappé.
Il pouvait probablement reconnaître cet endroit.
Même si...
Paradisiaque? Ce pouvait être l'île de Calypso. Cette jeune femme punie pour avoir soutenu son père dans la guerre, pour avoir été dans le camp des perdants. Calypso était sur une île qui lui offrait tout ce qu'elle désirait... mais était condamnée à la solitude éternelle. Tout le monde avait quelqu'un qui l'attendait.
Et sa malédiction faisait que son île n'était accessible qu'une fois par vie.

Le coeur de Jade se serra, autant de peine que d'angoisse.
Ils avaient beaucoup d'adolescents remplis de compassions. De Gryffondors à qui le sens du sacrifice était inculqué.
L'Odyssée d'Ulysse avait été retardée parce que le temps sur l'île de Calypso était différent. L'envie de lui tenir compagnie oh, une toute petite journée, ou deux... pouvait signifier une semaine, trois, un mois...

***
La demeure de pierre blanche n'appartenait pas à Calypso.
La mise en scène non plus.
Ils étaient attendus.

Circé.

Jade plissa les yeux.
Circé la magicienne.
Circé la fourbe. L'envoûteuse, la... femme de petite vertue.
Les mythes grecques ont un souci de sexisme, c'est un fait.

Jade cessa aussitôt de se méfier. Elle se détendit et face à la magnificence de la magicienne, laissa la sienne éclore en écho. Le soleil se reflétait sur les os de son cou, son visage, ses mains.
* Magnifique. Je me demande... Onyx, cher frère, t'envoûterait-elle ? *

Jade n'était absolument pas dupe de l'attraction que la femme exerçait sur elle. Il y avait une attirance et du désir, romantique, sexuel ?
C'était nouveau. Pas forcément malvenu.

Jade Parlambre était liée à Avalon. Elle avait passé sa vie à entendre l'enfer que Morgane avait subie. Elle avait écouté les récits romantiques entre Merlin et Viviane racontés par les guides, qui n'étaient pas ceux qu'elle connaissait.
La mythologie Celte transmise oralement dans la famille Parlambre disait que Merlin avait enseigné à Viviane, et qu'il l'avait poursuivie dans ses assiduités.
La mythologie Celte disait que Viviane avait en effet usé de l'attirance de Merlin pour qu'il devienne son mentor. Mais dans la famille Parlambre, c'était présenté comme normal. Aucune femme à la table ronde, effacées par l'histoire, présentées comme maudites... Les femmes devaient travailler dur pour atteindre leurs rêves, sans jamais obtenir la moitié du respect que les hommes éprouvaient les uns pour les autres. Alors que Viviane ait utilisé les armes à sa disposition et son intellect ne choquait personne.
Mais la mythologie Celte disait aux Parlambres que Viviane ne s'était pas emmurée vivante avec son amant pour l'éternité, ni même qu'elle avait piégé son esprit pour le retenir (égoïstement) auprès d'elle. Elle disait que Viviane avait obtenu de Merlin l'ultime sort, celui d'emmurement, et que suite à ses menaces et son harcèlement, avait retourné son propre sort contre lui. Emmuré comme deux amoureux ? Ha ! Non. Viviane était la Dame du Lac, et quelque amour éprouvé pour Merlin s'était évaporé avec le chantage, le refus de lui enseigner parce qu'elle était plus puissante que lui, et les menaces.

Alors, lorsque Jade rencontra Circé...
En un sens, elle avait voulu rencontrée cette femme bafouée de l'histoire. Circée. Médée. Méduse. Cléopâtre. Wu Zetian. Toujours accusées, toujours coupables...
Jade fut aussitôt fascinée par Circé.

Elle la suivit, avec tout de même un signe à Terry d'être prudent. Il était un homme ; les autres individus masculins étaient des adolescents...
Les enfants ne risquaient sûrement rien.
C'était l'absence de consentement qui avait poussé Circé à transformer les hommes en porcs. Et Jade, jeune descendante de Vélane entrée à pleine puissance de ses pouvoirs à quinze ans, savait ce à quoi ressemblaient les prédateurs.
Ceux qui refusent un non. Ceux qui insistent. Ceux qui usent de noms dégradants.
Elle comprenait.

Et pour cette raison, doublée de l'envoûtement de Circé peut-être, elle laissa les enfants s'installer au banquet.
Parce qu'Homère avait peut-être guidé le bateau vers un lieu où se poser et récupérer des vivres.
Parce que Circé était une victime.

Jade avait confiance quand elle commença par boire une gorgée de nectar sucré.
Pas un instant elle ne songea que parfois, surtout après des siècles de solitudes et d'envie de vengeance, les stratégies des victimes changent.
Pas un instant elle ne songea que Circé ciblerait les enfants, ou du moins la partie rationnelle de son esprit lui indiqua qu'il ne s'agirait que des adolescents mâles, et qu'il serait aisé de négocier.
Jade avait subi les mêmes douleurs que Circé, mais toutes les victimes ne réagissent pas de la même manière.

Et la nourriture fondante dans sa bouche venait de sceller son destin.

Bibliothécaire à l'affut ~

Née Promise
Née à Imbolc
"Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force."
Chroniqueuse Crocs
Disciple de Slug
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Poufsouffle
7e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 10:09:23 - Modifié : 11/09/2026 à 14:52:58

* "Le vent d'est, le vent d'est" avait maintes et maintes fois seriné Homère, depuis son tableau.

Et, poussé effectivement par le vent d'est, le bateau était arrivé en vue d'une île qui semblait accueillante.

Avant de quitter le navire, Jemima aurait bien voulu s'assurer que Nathan s'était remis au mieux de sa chute et de sa blessure. La jeune fille avait, dans son sac extensible l'une ou l'autre potion qui aurait pu aider le jeune homme, mais, discrète, elle s'était éclipsée lorsque Margaret s'était approchée de lui au plus près.

Son sac et son contenu lui firent repenser au fait qu'elle avait pris le Poudlard Express pour rentrer à l'école alors qu'elle aurait pu transplaner chez Joplin ou Fiona à Campolard.

Mais, en dernière minute, les trois cousines s'étaient retrouvées à Greenwich, ville natale de Jemima toute proche de Londres, et elles y avaient fait la fête en compagnie de Maureen, la mère de la jeune fille.

Bref, juste avant le départ du train depuis King's Cross, Joplin avait glissé dans le sac de sa cousine une trousse de "premiers secours", comme elle le faisait habituellement. Quant à Fiona, elle lui avait donné des biscuits ainsi que de quoi pouvoir survivre en milieu hostile, le tout emballé avec quelques sortilèges de protection. À croire que toutes deux avaient pressenti que le voyage ne se passerait pas de façon habituelle.


Jemima avait maintenant mis le pied, ou plutôt les pieds, sur l'île, et elle ressentit une envie de manger qui ne pouvait attendre. Farfouillant dans son sac, elle y trouva des biscuits confectionnés par Fiona et elle les mangea, ce qui combla son estomac. Puis elle trouva un berlingot de jus moldu, bien emballé, et qui n'avait pas souffert des événements précédents, ce qui la désaltéra.

Cela fait, le ventre bien rempli, la jeune fille commença à avancer, admirant la magnifique végétation ainsi que les oiseaux aux multiples couleurs. *

Ma p'tite minette IRL est partie au paradis des chats :'(

Crocs du Blaireau
PJ de Joplin Romney et Fiona Romney

Chroniqueuse Crocs
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Poufsouffle
5e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 10:31:40

* La mer s'était enfin calmée et ils approchaient d'une île, ils allaient enfin pouvoir se reposer, et surtout manger, car ils étaient tous morts de faim. Une belle île aux falaises blanches qui soulevait l'enthousiasme de plusieurs passagers au moment d'accoster.

Nox restait méfiante, c'était sa nature, et puis le cyclope, le paquet ouvert, tout ça ne lui donnait pas confiance, et aujourd'hui, la réserve infinie d'animaux la laissait perplexe.

Elle se mit à penser à Circé qui vivait recluse sur l'île d'Elea après avoir assassiné son mari et qui transformait les hommes en cochons ce qui pour certains ne lui demandait pas de déployer une très grande magie.

Elle fabriquait des potions de toutes sortes et qui ne figuraient certainement pas dans les manuels de Poudlard 12.

Vu de loin on aurait pu donc croire que Circé était une charmante jeune femme qui vivait seule en communion avec la nature, une écologiste entourée d'animaux qu'elle chérissait, une sorte d'Aimyli avec son groin-groin . Comme quoi l'écologie, parfois ...

En tous cas cette terre isolée en pleine mer sentait bon, très bon, un délectable parfum de nourriture, et les estomacs gargouillaient, certains bruyamment. Elle crut avoir une hallucination quand ses pensées prirent tout à coup l'aspect d'une très belle demeure aux portes ouvertes et à la table mise, comme si ils étaient attendus.

Une jeune femme brune vêtue d'une longue tunique blanche s'avança vers eux. Le sang de la poufsouffle ne fit qu'un tour : Circé ! . Elle ne dit rien, elle avait l'habitude de s'attirer des ennuis avec sa spontanéité et sa manie de dire des vérités gênantes, alors elle se tut. La femme les invitait à séjourner dans la grande demeure.

Au son de cette voix, Nox perdit toutes ses défenses. Elle succomba à l'envoutement de la voix douce et mélodieuse, une sorte de musique qui vous rendait incapable de refuser quoi que ce soit, une voix capable de vous faire croire n'importe quoi.

Un timbre pareil ne pouvait pas être malfaisant, impossible, et puis elle avait faim, et la table était bondée de mets plus délicieux les uns que les autres. Nox oublia sa méfiance, elle oublia Circé la magicienne, c'était si loin tout ça, et elle commença à manger.

À peine les premières bouchées avalées, elle se sentit étrange , comme si son visage et son corps se modifiaient brusquement et douloureusement. Subitement elle eut des pattes et un corps couvert de poils.

Ses dents de devant, les incisives, commencèrent à pousser, elle qui avait eu tant de mal à les réduire suite à un sort qu'elle avait reçu plus jeune ...

Elle regarda ses mains devenues des pattes aux griffes puissantes, son corps poilu et sa longue queue n'avaient plus aucun point commun avec la poufsouffle qu'elle était, mais elle sentait confusément qu'à l'intérieur, elle était toujours là.

Regardant autour d'elle, elle s'aperçut qu'elle était revenue sur la plage, en face de la falaise.


Elle constata qu'elle était assise sur une pile de livres. Ainsi, la magicienne tenait compte de la nature des gens ? Elle avait été reconnue comme grande "dévoreuse de livres" et était devenue un castor ? Un animal ingénieux, placide et très travailleur, et puis le père Castor, ce n'était pas un éditeur de livres pour enfants ?

Elle aurait peut-être dû se sentir flatée ? Mais ce n'était guère le cas, elle se sentait surtout honteuse de ne pas avoir résisté au maléfice, regrettant de ne pas avoir suivi les cours d'occlumancie proposés par l'école , regrettant aussi qu'il n'y ait pas permi eux un héros grec, ou pas tellement grec mais au moins héros, ou à défaut, un professeur de botanique pourvu d'une bonne réserve de molybolenum, herbe magique permettant de contrer les sorts de la sorcière selon les souvenirs d'histoire de la poufsouffle. *

En septembre, lis les Crocs du Blaireau, on attend tes commentaires.
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Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 14:22:24

* Après la tempête et les dernières épreuves, Octavia avait fini par baisser légèrement sa garde. L'île semblait paisible, presque trop paisible, mais la faim qui lui tiraillait l'estomac depuis des jours avait fini par prendre le dessus sur sa méfiance habituelle. Lorsqu'ils arrivèrent devant la demeure de Circé et qu'elle aperçut la table généreusement garnie, son regard s'attarda malgré elle sur les plats.

Elle hésita pourtant quelques secondes, observant les lieux et surtout leur mystérieuse hôtesse. Mais rien ne semblait réellement suspect. Pas de cyclope, pas de tempête, pas de sac mystérieux à ne surtout pas ouvrir. Juste de la nourriture.

C'était probablement précisément là que résidait le problème. *


« Pour une fois qu'on nous propose quelque chose sans essayer de nous tuer avant... »

* Elle s'installa finalement et attrapa un morceau de pain encore chaud. La première bouchée lui arracha presque un soupir de soulagement. Puis vinrent les fourmillements.

Octavia fronça les sourcils et reposa aussitôt ce qu'elle tenait. Une sensation étrange parcourait désormais ses bras, puis ses jambes. Sa peau semblait se contracter tandis que ses doigts se rapprochaient les uns des autres. Elle voulut se lever, mais ses jambes se dérobèrent sous elle.

Un cri de surprise lui échappa avant de se transformer en un couinement aigu.

Ses vêtements glissèrent au sol tandis que son corps se couvrait progressivement d'un pelage roux. Ses bras se raccourcirent, ses oreilles s'allongèrent, son visage se transforma en un museau fin et une longue queue touffue apparut derrière elle.

Lorsqu'elle releva la tête, deux yeux sombres fixaient désormais Circé avec une indignation toute particulière.

Un renard.

Évidemment. *


* Octavia tenta de parler, mais seul un nouveau couinement outré franchit ses lèvres. Elle s'assit alors, les oreilles dressées, avant de jeter un regard aux autres animaux qui l'entouraient.

Au moins, elle n'était pas la seule à avoir été assez stupide pour manger.

Et, si elle devait vraiment passer quelques heures sous cette forme, elle comptait bien trouver un moyen de faire comprendre à Circé qu'elle n'appréciait absolument pas l'expérience. *

Venez visiter la route des sorcières !
Chroniqueuse Gryff'Time
Little Nightmare
Miss Poudlard12 2026
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Gryffondor
4e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 20:32:11

La mer ne laissa derrière elle que le silence familier des petites vagues frappant la coque du navire, et le cri lointain des mouettes, quelque part au large des côtes d’une île non loin. Un calme quasi apocalyptique régnait à bord de la chose. Il avait les mêmes caractéristiques, paisibles et pourtant si alarmantes, que la brume qui venait couvrir, comme un drapé, les montagnes dressées en barrières entre l’eau et le ciel. Il était difficile pour Mily de se sentir rassurée face à ce tableau de blanc et de bleu. Elle avait encore une tempête au travers de la gorge.

Le navire amarra. La nature, luxuriante, les accueillit à bras grands ouverts. Des couleurs comme elle n’en avait jamais vues, bien loin de celles auxquelles elle s’était accoutumée en Écosse, se mêlaient en une masse chatoyante sur les fourrures des animaux et les feuilles des arbres. La lourde fatigue derrière ses paupières, combinée à la faim qui avait progressivement creusé son estomac ces derniers jours, fit tituber Mily sur quelques mètres. Mais l’odeur de nourriture eut un effet électrisant sur ses sens. C’était comme si la simple perspective de se remplir la panse lui rendait ses forces.

Et alors que les plus jeunes se ruaient vers la source de l’odeur, Mily les suivit sans bruit. C’est là qu’elle la vit. Ou peut-être était-ce la femme qui l’avait remarquée bien avant ? Elle n'était plus capable de dire.

Un pressentiment étrange lui noua les tripes quelques secondes, comme un vague souvenir que remuait son cerveau, alarmé mais fatigué, face aux yeux de la femme vêtue de blanc. Elle connaissait ces manières de faire, ces techniques d’amadouement... ?
Ou... non ? Sans vraiment savoir comment ni pourquoi, en un battement de cils, la Gryffondor se retrouva attablée, elle aussi, à la grande tablée. Il ne lui semblait plus nécessaire de suranalyser ce qui se passait : seule existait l'envie de manger.

La métamorphose ne fut pas immédiate, mais Mily comprit, dès les premières bouchées, que quelque chose ne tournait pas rond. C’était sa magie qui lui en avait soufflé mot; ou, du moins, son incapacité à la maîtriser. Quelque chose sonna dans son cerveau, comme une alarme qu’on tirait à la hâte.

Sa main vint se poser sur sa poitrine. Elle sentit sa respiration se bloquer, ses côtes se comprimer, et une douleur sourde lui traversa les épaules. Ses bras se replièrent contre elle, ses doigts se crispèrent, puis ses os commencèrent à se réorganiser dans une danse dont elle ne connaissait aucun pas. Sa voix se perdit, se contracta dans ses cordes vocales, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus prononcer un mot. Sa mâchoire se déforma dans un craquement sec, et ses traits semblèrent se tirer vers l’avant. Une matière sombre lui couvrit la peau, d’abord par plaques, puis en une masse de plumes qui gagna ses bras, sa poitrine et son dos. Ses yeux devinrent vitreux tandis que son coeur se nouait encore et encore, jusqu’à n’être plus qu’un amas de nœuds. Le monde s’éleva autour d’elle alors que son corps rapetissait, ses vêtements devenant trop larges, trop lourds.

C’est de son dos que sortirent, dans une douleur monstrueuse, les ailes. Elles se déployèrent dans un bruissement désordonné, noires et encore maladroites, tandis que son visage s’allongeait une dernière fois avant de laisser place à un bec sombre.

Peut-être avait-elle perdu connaissance le temps de la transformation. La douleur avait été trop forte ; mais le choc de ne plus être ce qu’elle avait toujours été ne pouvait toutefois se lire dans son regard. L’impassible corneille n’avait, en effet, que peu à dire sur ce qu’elle venait de vivre.

Quelle étrange métamorphose, et quelle étrange créature que la corneille. Rien d’aussi impressionnant que ses congénères, des colombes aux corbeaux. Un corvidé intelligent mais discret, observateur mais mis de côté ; délaissé au profit de la chouette par Minerve ; bavard de secrets et de non-dits... Fuyant Neptune comme Poséidon.


A.H.O.P. PROPAGANDE
Préfet
Chroniqueur Chicaneur
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Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 21:32:36

Il ne s'était pas attendu à ça. Ce contact. Cette proximité. Quelque chose de simple et tendre. Il ne recula pas, bien que toute bienséance l'y aurait naturellement conduit pour éviter cette intimité. Mais il ne savait pas s'il était du genre à embrasser une fille. Pourtant, son visage, ses yeux, tout chez elle lui disait quelque chose. Il était évident qu'ils étaient proches.

Quand l'adolescente recula, Nathan chercha une façon de réagir des plus naturelles mais, à part rougir, il resta muet. Et souriant. Un sourire bête. Celui d'un garçon dont l'amour venait de cogner son cœur et qu'il ne comprenait pas encore quoi faire de ce sentiment trop grand pour lui. La soudaine présence d'une île donna une raison à Nathan, dont son propre nom ne lui revenait toujours pas, de se relever. Il avait encore mal mais la mer était assez calme pour laisser l'adolescent retrouver son équilibre. Il se tourna vers la jeune fille aux yeux vert.


NATHAN : On est où exactement ?

Peut-être qu'avoir une première réponse l'aiderait à remettre son cerveau en route. En attendant, il regarda l'île approcher, le bateau accoster et les personnes autour de lui descendre pour visiter les lieux. Le brun suivit le mouvement.

Cette île avait quelque chose d'étrangement apaisant. La nature luxuriante et les nombreux animaux rendait ce lieu presque paradisiaque. L'amnésique regarda un oiseau se poser sur une branche et il lui rappela étrangement son dernier rêve.

Puis il y eut une odeur. Réconfortante, réveillant instantanément l'estomac du Fray qui avait d'un coup très faim. Comme le reste du groupe, il se dirigea sur un sentier bordé de magnifiques fleurs jusqu'à arriver à une immense demeure de pierre blanche. Tout le monde sembla attirer jusqu'à trouver, à l'intérieur, une immense table couverte de mets qui semblaient tous plus délicieux les uns que les autres.

Une femme les attendait. Sa longue chevelure et son sourire bienveillant donnèrent à Nathan une envie de lui faire un câlin. Comme si son corps se souvenait de ce qu'il avait déjà vécu dans ce monde alors que sa tête patinait encore dans le sable et qu'il avait vraiment besoin d'un moment serein. Rien ne lui semblait anormal alors que tout ce qui se passait depuis le début du voyage l'était totalement. Mais ça, Nathan l'avait oublié.

C'est donc totalement confiant qu'il s'installa avec ses camarades et commença à dévorer la première chose que sa main attrapa. Une cuisse de poulet juteuse. Il croqua dedans sans réfléchir laissant son appétit gouverner ses gestes. Aucune réflexion. Juste manger. Il enchaîna avec des pommes de terre. Son estomac remerciant chaque bouchée qu'il avalait.

Alors qu'il allait se saisir d'une grappe de raisin qui aurait fait un parfait dessert, Nathan sentit ses doigts le picoter, puis ses bras, ses jambes. Il se leva brusquement alors que son corps entier semblait vouloir changer. Cette sensation lui rappela soudain quelque chose et quand il se retrouva à quatre pattes, il retrouva enfin la mémoire.


NATHAN : BHÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ BHÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ BHÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!
Oh non ! Voila que ça recommençait ! La petite chèvre qu'il était devenu courait dans tous les sens, évitant ses camarades qui avait aussi prit la forme d'animaux. Dans sa tête, Nathan se répétait : "pas encore, pas encore" et surtout, il avait aussi un souvenir clair, une personne, la personne, Margaret. Il ne pouvait pas rester ainsi sans avoir l'occasion de lui dire ce qu'il ressentait pour elle, surtout après le baiser. Ce baiser qui était désormais son ancrage. Son meilleur souvenir que rien ne pourrait lui enlever, pas même une sorcière mal intentionnée.

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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 21:51:28

Si le tableau d'Homère avait répondu par seulement quelques mots à Jade, il n'était loyal qu'à ceux qui lui démontrait qu'ils en étaient dignes, il lui avait pourtant assuré qu'il ferait de son possible pour les guider vers leur destination. Et c'était tout, le tableau s'était endormis alors qu'ils allaient découvrir la nouvelle île, la nouvelle épreuve de ce petit équipage.

Circé n'était pas plus diabolique ou méchante lorsqu'ils se transformèrent en animaux, au contraire, elle calma de quelques paroles et des caresses les plus paniqués, en guidaient certains dans de magnifiques cages dorées où se trouvait tout ce qu'ils pouvaient rêver sous leur nouvelle forme. Elle chantonnait, un chant aussi sublime que sa personne, envoutant, maintenant elle ne risquait plus rien car elle le savait, tous les visiteurs arrivaient chez elle avec une idée en tête, manger sa nourriture, profiter de sa maison, et parfois... Tous ces enfants deviendraient aussi sauvages que leurs parents, c'était une fleur qu'elle leur faisait. Une nouvelle vie dans une forme bien plus douce.

« Vous serez pour toujours à l’abri avec moi mes mignons, sous votre vraie forme. », chantonna-t-elle alors qu'elle grattait le haut d'une petite chèvre et donnait un petit biscuit à une corneille.

Comment allaient-ils sortir de se pétrin ? Peut-être qu'une personne n'avait pas mangé de sa nourriture, mais qui avait reçu ce message des Dieux de rester en retrait ? Et pour ceux déjà transformé, leur restait-il assez d'essence humaine pour plaider leur cause sous cette forme ? Ou allait il se complaire dans la douceur que leur prodiguait leur nouvelle forme animal ?

Précision pour les missions individuelles (jeux) : vous n'êtes pas obligé de faire les deux niveaux. Vous aurez des points pour le niveau facile, des points pour le niveau difficile, plus de points si vous faites les deux.
Chroniqueuse Chicaneur
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Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 22:14:59

C'était un moment dont elle n'avait jamais vraiment rêvé. Pourtant, elle avait eu envie de poser ses lèvres sur celles de son ami. Comme si tout ce qui se passait durant ce voyage avait fait grandir les sentiments encore balbutiants de l'adolescente envers Nathan. Puis, elle espérait secrètement que cela lui ferait retrouver la mémoire. Lorsqu'elle se recula et posa son regard émeraude sur lui, elle vit rapidement que ce n'était pas le cas, mais que quelque chose semblait tout de même naître dans ce regard presque perdu. Les joues rougirent par la gêne, les deux Serdaigle restèrent pendant un instant à se contempler. Jusqu'à ce que le Fray fasse éclater cette petite bulle qui c'était formée entre eux. Où étaient-ils ? La jeune Dubois n'en avait aucune idée, ayant perdu la notion du temps et géographique depuis un moment.

Même l'île qui se dressait devant eux ne lui disait rien. Car dans le Péloponnèse et les mers autour de ce qu'elle pensait être la Grèce de l'âge du bronze, tout se ressemblait ou presque. Se levant pourtant, suivant le petit groupe, la brune restait sur ses gardes. Plus jamais elle n'allait faire confiance aux décisions de groupe. Se rappelant parfaitement l'épisode du Cyclope.

Marchant lentement dans le sentier sablonneux et luxuriant, la vue de plusieurs animaux alluma une petite lumière chez l'aiglonne. Son regard émeraude s'illumina à cette pensée. Étaient-ils sur l'île de son idole ? Marchant avec un peu plus de conviction, une douce odeur chatouillait ses narines. De la nourriture. Même si elle savait qu'elle ne devait pas céder à la tentation, son estomac lui disait tout le contraire. Il gargouillait de façon atroce.

Puis, c'était à ce moment que la magnifique femme, dont elle avait lu les exploits dans ses bouquins, se montra. Des étoiles dans les yeux, Margaret était incapable de détourner le regard. Quoi que disaient les auteurs, tous des hommes bien sûr, la jeune Dubois vouait presque un culte à cette femme qui se révélait être la sorcière mère. Celle qui a fait trembler tant de monde et peut-être même les divinités de la Grèce antique. Puis, c'était elle qui avait introduit l'utilisation de la baguette magique ! Qui pouvait dire et faire mieux ?

Pendant que tout le monde se jetait sur la nourriture, Margaret s'arrêta un instant à la hauteur de Circé, les yeux fixés sur cette femme aux pouvoirs extraordinaires et à la beauté inégalée. Même si son esprit la tirait vers les denrées qui avaient préparés exprès pour le groupe, l'aiglonne se permit d'enlacer telle une groupie cette femme aux goûts exquis. Ensuite, comme une enfant, elle alla s'installer devant la table, avalant pommes de terre et tranches de lards en sauce. Elle prit même une jolie figue au goût sucré. Quand elle ressentit tout à coup un haut-le-cœur. Ses doigts picotaient de plus en plus. Ses jambes l'élançaient. Son crâne se mit à lui arracher des cris de douleurs. La jeune fille porta une main vers le dessus de ce dernier. Quelque chose semblait y pousser.

Se levant en faisant tomber son tabouret, Margaret remarqua rapidement que des coussinets avaient pris la place de ses doigts. Puis elle tomba lourdement sur le sol de terre, ses jambes devenant tout à coup plus courtes et petites. Son visage devint rond et de longs poils drus poussèrent juste en dessous de son... museau ? Elle avait maintenant des petites canines et griffes bien acérées et le spectacle final fut la douleur intense en provenance de son coccyx. Où une longue queue bien poilue prit place. Son corps suivit. Ce dernier s'était recouvert d'un pelage légèrement épais, d'un noir soyeux. Ses yeux émeraude prirent une forme plus en amande et sa pupille devint une simple fente verticale. Qui, face à la noirceur de l'endroit, devint ronde.


MARGARET : Meeeeow, miaula-t-elle

Dans un saut agile, la jeune fille avait atterri sur la table où la nourriture les attendait et levant sa truffe dans les airs, elle esquissa une petite grimace. Ses sens étaient beaucoup plus développés et ce qu'elle n'avait pas vu ou goûté, elle le sentait à présent.

Se tournant vers Circé, qui tentait d'attraper ou contrôler toute l'animalerie, Margaret ne put s'empêcher de feuler, même si cette femme restait son idole. Après avoir parcouru la pièce et évité de s'approcher de la magicienne, la jeune Dubois se cacha sous un meuble, espérant que ce moment était un malencontreux incident.




Kit de Nathan Fray
Chroniqueuse Crocs
Disciple de Slug
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Poufsouffle
7e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 22:30:33

* Jemima avait pris un moment pour s'asseoir au milieu de l'extraordinaire jardin qui précédait la belle demeure qu'elle entrevoyait.

Bien vite, elle ressentit l'attrait qu'exerçait cet endroit sur elle, une sorte d'aura, une atmosphère qui distillait divers enchantements. À croire que ses deux créatures particulièrement sensibles aux ondes négatives se trouvaient à ses côtés, Saphyra, la fléreure, et Awen, son womatou, dont les dons de legilimens lui auraient été particulièrement utiles, dans ce voyage. À croire qu'elle avait acquis, à leur contact, une sensibilité particulière.

Et, après les terribles événements déjà survenus depuis le départ, la jeune fille fit confiance à son instinct et à son intuition. En toute hâte et en se cachant derrière un énorme tronc d'arbre, Jem' récupéra la trousse que lui avait remise Joplin. *


[ Bézoard ... pas besoin ... sisymbre ... non plus ... dictame ... NON ! ... moly !! Oui !! ]

* Le moly, c'était ce que Jem' espérait trouver ! Le moly, la plante qui préservait des enchantements ! Celle aussi qui annulait les effets des enchantements. Et la jeune fille s'empressa d'en manger une, en gardant pour la suite en cas de nécessité, Joplin n'en ayant placé que quelques brins dans la trousse.

Se sachant ainsi prémunie contre les enchantements qu'elle avait ressentis en arrivant, Jem' se releva et elle prit alors le temps d'observer plus attentivement la demeure à l'aspect bien agréable et dont des tables abondamment chargées d'appétissantes nourritures avaient déjà attiré bon nombre de ses compagnons d'aventure.

Mais, que se passait-il ? À peine avaient-il avalé une bouchée de celles-ci qu'ils se transformaient en animaux. Un éléphant, un castor, un renard, une corneille, une chèvre, un chat, et ce n'était sans doute pas terminé.

L'attention de la jeune fille se porta alors sur la dame au doux sourire, à la voix harmonieuse, bienveillante, tout autant qu'envoûtante, qui avait incité tout le monde à s'installer et à se servir. Se souvenant de ses lectures, Jem' n'eut plus aucun doute. Il s'agissait de Circé, l'enchanteresse, qui avait transformé en porcs les hommes de l'équipage d'Ulysse.

Jem' ignorait si Circé l'avait aperçue, ce qui était fort possible compte tenu de ses capacités magiques. Cependant, dans l'incertitude, elle continua de rester la plus discrète possible, se dissimulant derrière l'une des colonnes de la salle, même si ce qui s'y passait la révulsait, la choquait, l'horrifiait au plus haut point.

Pourtant, malgré les circonstances, elle devait garder son calme. C'était le seul moyen pour élaborer une stratégie afin de sauver ses compagnons malchanceux. *

Ma p'tite minette IRL est partie au paradis des chats :'(

Crocs du Blaireau
PJ de Joplin Romney et Fiona Romney

Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 11/09/2026 à 23:18:14

En buvant le nectar, Jade n'avait absolument pas prêté attention aux picotements de sa peau.
Elle était loin de chez elle. Ses enfants lui manquaient. Un tel banquet lui rappelaient les Galas.
Elle s'inquiétait pour Lemony, mais depuis son arrivée sur l'île, c'était Emerald qui était dans ses pensées.

Emerald, sa fille au sang de Vélane qui refusait l'héritage de la famille Parlambre.
Emerald qui ignorait ce qu'elle était parce que les Parlambre utilisaient le jargon spécifique de Don de Parole, sans préciser que ce don vient parfois avec des caractéristiques. Parler aux êtres de l'eau? Oui, c'est un don utile et génial... Mais l'on oublie un peu vite que ces bébés là, à la naissance, ont des branchies et qu'ils ne savent pas utiliser leur trachée.

Rien d'étonnant à ce que sa peau la picote. Elle y était habituée. Elle avait la rage au ventre en cet instant, contre elle-même, contre Elijah qui l'avait laissé négliger leur fille aînée et n'avait pas pris le relais, contre leur dynamique égoïste... Elle avait l'impression que des plumes voulaient sortir de sa peau et que ses mains allaient se transformer en serres ?
Une journée habituelle dans la peau de Jade Parlambre.

Le véritable souci vint après la bouchée dans la nourriture fondante.
Le corps de la femme se recouvrit d'une pellicule de sueur et elle se plia en deux avec l'impression qu'elle se déchirait de l'intérieur.
* NON ! Non, pas encore... Non ! *
Elle chercha Circé du regard. Oui quelque chose avait été mis dans... la boisson ?
De quoi leur faire revivre leurs pires souvenirs ?

Cet été dans l'enfer, cet été où elle était devenue une sorcière, à l'âge de quinze ans. Cet été où elle rejetait sa nature de Vélane à cause de la violence qu'elle avait subie au château, un charme dont elle ne voulait pas et qui transformaient les garçons en jeune homme à la limérance imposée ou aux prédateurs avérés.
Cet été où son corps avait dû trouver un équilibre entre sa nature de Vélane et sa nature de sorcière.

Jade reconnaissait la sensation. Elle l'aurait reconnue entre mille.

Circé souriait.
Elle était magnifique.

Jade se laissa chuter sur le sol, le ventre à l'agonie, ses vêtements trempés de sueur, son coeur beaucoup trop rapide. Elle avait mal.
De là où elle était, même si son sens de l'ouïe ne fonctionnait plus, elle put voir les enfants... ses élèves... se transformer en animaux.
— Mais... Pourquoi ?
Sa gorge en feu ordonnait à Circé de répondre.
Des deux envoûteuses, laquelle aurait le dessus ? L'ordre dans la voix de Jade était puissant, compulsif.

Et son corps luttait toujours.
Il ne savait pas quelle forme prendre.
Il y avait deux possibilités, et les deux magies rentraient en conflit.

Tout d'abord, la forme animagus.
Si le Don de Vélane de Jade l'avait privée de cette possibilité, elle savait pourtant quelle forme aurait été sienne.
Elle le savait depuis qu'Onyx et elle étaient parvenus, dans une symbiose inquiétante, à lancer leurs premier patronus corporelle.
C'était un mois à peine après qu'Onyx ait achevé sa première formation en animagus. Un Zèbre magnifique, qui seyait évidemment au jeune homme.
Le même Zèbre que Jade aurait reconnu n'importe où et qui était sorti de sa baguette, au moment même où un dauphin sautait en l'air pour venir le rejoindre.
Jade et Onyx étaient trop proches ; ils étaient aussi jumeaux, et ils avaient le patronus représentant l'autre.

Elle sentait la magie sorcière battre pour faire s'unir ses phalanges, creuser un trou sur son dos, forcer ses jambes à se regrouper.
Sauf qu'en parallèle, la nature de Vélane avait une forme toute prête, des bras qui ne demandaient qu'à créer des rémiges, des pieds qui se repliaient pour créer des serres.

Garde conscience, Jade.
—Onyx... Aide-moi. Je t'en prie.
— Je te promets que nous trouverons une solution.
— Ne les laisse pas me renvoyer là-bas. Je t'en supplie... Ne les laisse pas...
Mais il n'y avait plus de là-bas depuis longtemps. La Suisse n'existait que dans ses cauchemars et leurs parents étaient morts.
Elle délirait.
Jade.
La voix sèche était celle de l'Onyx adulte. Tranchante comme de l'acier.
Jade, reste rationnelle, pour l'amour de Morgane !
Même en sachant que c'était une hallucination, les réflexes cartésiens d'Onyx dissipèrent un peu les brumes.
* Ce n'est pas pour l'éternité. C'est une Odyssée, et ce n'est qu'une étape. Nous reprendrons nos formes originelles.

En attendant... Un dauphin ne sera d'aucune, aucune utilité ici. Pire, il sera un fardeau. *


Jade savait ce qu'elle avait à faire.
Ca lui déplaisait fortement.
Elle repoussa la magie sorcière, puis se mit en colère. Toute la colère qu'elle maintenait depuis que les wagons avaient disparu.
Toute sa rage d'avoir perdu deux élèves, sa rage contre les elfes, contre le tableau.
Son visage se tordit de façon laide.
Ses pieds prirent, enfin, l'apparence de serres. Elle avait attendu sa vie entière que cela arrive ; ce fut juste déstabilisant que ce ne soit pas ses mains.
En réponse, les phalanges forcées par le dauphin se décollèrent, et les plumes se mirent à pousser.
Ce fut un soulagement intense.

Même si, durant un instant suspendu, le dos s'arrondissant pour créer un corps d'oiseau et la tête encore laide de colère, Jade ressembla à une véritable Harpie des Enfers.
* Bien. Peut-être qu'Hadès nous aidera... ou que Circé se posera des questions. *

Evidemment, rien n'arrêtait la transformation, et son visage pâle se couvrit de plumes blanches tandis que ses yeux prenaient, ô, ironie, l'apparence de deux orbes noires.

La voix de Circé résonna. Le son fila dans les fentes de Jade sur les côtés de sa tête. Son accru. Réception inhabituelle.
Elle songea à son Lemony. Le bruit fait mal !
Mais les roucoulement de Circés la gardèrent ancrée au sol.
* Rester ici pour toujours. Bien sûr, comme avec le Cyclope.
Je ne sais ni ce que tu as en tête, ni si tes actions sont malicieuses, enchanteresse. Mais ceci n'est pas ma vraie forme. Si ça l'était, je ne me serai pas déchirée en deux ; je n'aurais pas eu à sacrifier ma sorcellerie pour mon ascendance Vélane.
Je pourrais changer à loisir entre la harpie et le dauphin... et vu que nous sommes sur une île, ce me serait fort utile.
Pour le moment, il faut attendre. Et vérifier que tous mes élèves vont bien. Les identifier selon leur apparence et relier leur charactère.
Déesses, heureusement que j'ai pris des nuits de huit heures et des siestes durant la petite croisière jusqu'ici. *


La harpie cligna des yeux. Regarda autour d'elle. Et s'envola comme si c'était une seconde nature, peut-être parce que ça l'était, prenant de la hauteur pour mieux surveiller ses élèves.

Bibliothécaire à l'affut ~

Née Promise
Née à Imbolc
"Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force."
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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 02:34:04 - Modifié : 12/09/2026 à 10:51:39

* Pendant la tempête, Mirabelle s’était ligotée à un mât, quand le calme est revenu, il lui a fallu un temps fou pour se dépétrer de ses cordes. Enfin elle... et ...le sac extensible dont elle a pris soin pour qu’il ne passe pas par-dessus bord. Elle a pu déposer les victuailles qu’il contenait sur le pont. Même si son sac contenait pas mal de nourriture, il ne reste strictement plus rien.

La Galloise est une jeune fille, elle n’est plus ce qu’on peut appeler une enfant. Elle estime qu’elle doit se débrouiller par ses propres moyens pour ne pas donner du travail supplémentaire aux adultes.

Elle avance donc seule sur cette île verdoyante à souhait qui ressemble à une vaste réserve naturelle pour animaux de toutes sortes. Etonnamment, la présence de la jeune fille ne les effraie pas le moins du monde. Fascinée par ce spectacle grandiose que lui offre Dame Nature, elle poursuit son chemin et bientôt elle hume une odeur qui lui rappelle qu’elle a le ventre vide. *


– « Voilà la direction à prendre ! »

* Bientôt la Boutondore se retrouve en face d'une magnifique demeure, la porte grande ouverte est une invitation à entrer.
Une dame l’accueille et l’invite chaleureusement à se restaurer. Mirabelle la remercie et s’installe, l’odeur du pain chaud titille ses papilles.
La troisième année ne résiste pas, pourtant, dans un coin de sa tête, une petite voix lui dit : *


- « Méfie-toi, rappelle-toi de Circé ! »
*
La Boutondore a trop faim, elle n'écoute pas.

Dès la première bouchée elle se sent bizarre, ça bouge dans tout son corps comme si une force intérieure, impossible à réprimer, l’obligeait à entrer dans un tube extrêmement étroit.
Ses yeux vont éclater, ils sortent de leurs orbites, ses bras ont rétréci et il sont plus courts. Ses jambes aussi, elles s’affinent, maintenant elles sont au moins deux fois plus longues que ce qui fait désormais office de « membres supérieurs ».

Mirabelle réalise que ses doigts n’ont plus la même dextérité, ils sont collés les uns aux autres par une membrane et en plus elle n’en n’a plus que quatre. Et voilà, elle a les doigts palmés, pour les orteils, c’est la même chose. Le Boutondore est devenue toute verte et gluante.
Alors qu’elle ouvre la bouche pour parler, c’est un coassement qui se fait entendre et une interminable langue surgit.
Soudain elle saute de façon aussi inopinée que prodigieuse et atterrit dans une assiette.



C'est alors que Mirabelle comprend qu'elle est devenue un batracien. Certes sa grenouille est pour elle bien davantage qu'un animal de compagnie, elle est son égérie, mais quand même ! *



* Avatar : cadeau réalisé par Clancy, mon filleul. *
















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Poufsouffle
5e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 10:00:28

* Depuis la plage où elle s'était retrouvée elle ne savait trop comment, elle était revenue au château de la magicienne et avait rejoint la grande salle du banquet.

En chemin, elle avait traversé une petite rivière et avait été prise d'une furieuse envie d'y construire un barrage. Elle avait pris sur elle de ne pas le faire mais n'avait pu s'empêcher de ronger quelques arbres au passage. En y réfléchissant, elle en conclut qu'une partie de son moi profond avait besoin de "ronger" pour éviter que ses incisives ne prennent une taille démesurée.

Circé se tenait dans la salle et s'occupait des animaux. Enfin, de ses camarades de misère devenus animaux. Il fallait reconnaître qu'elle le faisait avec gentillesse en leur distribuant des friandises et en les rassurant par de bonnes paroles.

Au bout de la salle recroquevillée et se faisant toute petite, elle aperçut Jemima qui semblait vouloir disparaître dans le sol. Curieusement, elle avait toujours sa forme humaine. Pourvu qu'elle puisse faire quelque chose pour les sauver tous ! Nox ne s'en approcha pas pour ne point attirer l'attention sur elle, croisant les doigts, ou plutôt les griffes pour que la magicienne ne l'aperçoive pas.

Un coassement venu de la table attira son attention et elle leva la tête. Une grenouille trônait au milieu des assiettes. Une grenouille ? C'était forcément Mirabelle son amie de dortoir, ça ne pouvait être qu'elle mais d'un autre côté, elle ne se souvenait pas si elle avait emmené Reinette.

Elle fut tentée d'essayer de lui parler mais elle ignorait si la "grenouille" avait gardé une partie humaine et de plus, elle faisant comment la marmotte pour communiquer avec une grenouille ?

La poufsouffle aux longs poils se demandait si elle avait encore le pouvoir de se transformer en animagus. Elle savait que son animagus Maine Coon dormait au fond d'elle, mais qu'il était toujours présent.

Elle se reprocha de ne pas y avoir pensé sur la plage, elle aurait pu essayer loin des yeux de Circé mais elle ignorait si la magicienne s'en apercevrait. Si elle pouvait souffler l'idée à Jemima ! Mais là encore elle ne voyait pas comment communiquer avec son amie. *

En septembre, lis les Crocs du Blaireau, on attend tes commentaires.
Chroniqueuse Crocs
Disciple de Slug
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Poufsouffle
7e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 10:10:44

* Toujours cachée derrière l'une des colonnades de la demeure de Circé, avait vu d'autres compagnons de voyage se transformer, sous ses yeux.

Elle avait également entendu les propos lénifiants prononcés par la magicienne à l'égard de ses proies, ainsi que les douceurs dont elle avait gratifié certains par un gratouillis, par un biscuit.

Y croyait-elle réellement, à ses paroles ? Etait-elle sincère en leur serinant qu'ils seraient plus heureux avec elle dans leur cage dorée qu'avec leurs parents ?

Jemima en doutait. C'était très probablement une ruse de plus pour éviter toute tentative de révolte au cas où certains auraient encore gardé une part intacte de leur esprit en tant que sorciers.

Ou alors, la magicienne avait perçu sa présence et tentait de la convaincre qu'elle agissait dans l'intérêt des enfants ? Mais là, c'était mal la connaître !

La jeune fille devait maintenant peser le pour et le contre. Comment allait-elle aborder Circé ? Quels arguments allait-elle lui exposer sans risquer de la brusquer tout en lui demandant de se montrer clémente ?

Elle devrait ruser, c'était certain, et mettre ses véritables sentiments et émotions en veilleuse.

Tergiverser ne servait plus à rien. Jem' prit alors une profonde respiration et, se détachant de la colonne derrière laquelle elle se cachait, elle s'avança vers Circé qu'elle salua respectueusement. *


JEMIMA : Je te salue, noble Circé, toi, la fille d'Hélios, magicienne incomparable et reconnue comme telle universellement.

Je me nomme Jemima et je suis arrivée sur ton île superbe en même temps que mes compagnons ici présents. J'avais encore quelques victuailles et n'avais plus faim, ce qui explique pourquoi je n'ai pas touché aux nourritures si généreusement offertes à mes amis et amies.

* De la main, la jeune fille montra alors celles et ceux qui l'avaient accompagnée jusqu'à présent et qui se trouvaient toujours attablés, sous leur forme animale. *

JEMIMA : Grande et magnifique Circé, tes talents et tes exploits sont connus de tous, des dieux comme des humains. Et ta réputation n'est plus à faire. En ce qui concerne ces enfants, ils étaient affamés en débarquant sur ton île, après déjà bien des aventures. Et ils constituaient une proie facile en sentant les divines effluves qui se dégageaient des mets entassés sur cette table.

Pour eux, je te demande de te montrer clémente. Tu n'as plus rien à prouver en ce qui concerne tes pouvoirs et ces quelques enfants sont-ils vraiment dignes de ta magie ? Et ta réputation ne s'en trouverait-elle pas encore plus magnifiée si, exceptionnellement, tu acceptais de lever l'enchantement qui les a ainsi transformés ?

* La jeune fille s'adressa alors à ses compagnons. *

JEMIMA : Jeunes sorciers et sorcières, si une part de vous est encore intacte, manifestez-vous comme vous le pouvez sous votre forme actuelle ! Applaudissez l'extraordinaire magicienne qu'est Circé ! En battant des ailes, en sautant, en criant, ou de la façon qui vous convient le mieux ! Et, par cette action, demandez-lui de se montrer clémente envers vous et de lever l'enchantement qui vous a transformés en animaux !

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Crocs du Blaireau
PJ de Joplin Romney et Fiona Romney

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 11:16:49 - Modifié : 12/09/2026 à 14:32:08

* Toujours dans son assiette, la grenouille remarque qu'un castor la regarde avec insistance. C'est certain, cet animal est quelqu'un qui, comme elle, a été transformé et de toute évidence, il la connait mais qui est-ce ?

Puisqu'elle peut sauter maintenant, la Boutondore fait un grand bond, quitte son assiette et atterrit tout près du Castor en lui adressant des "coâ-coâ" à n'en plus finir.

S'il ne comprend pas son langage, au moins il saura que la grenouille a compris qu'il est également un être humain qui a goûté aux mets de la " Belle Dame" et que probablement ils étaient proches dans leur vie d'avant.

Et puis Mirabelle entend une voix humaine, elle la reconnait immédiatement : c'est celle de Jemima. La Boutondore coasse de plus belle, saute sur le dos du castor : éh oui! ça elle peut faire. Elle redescend, lui fait un signe de tête pour l'inciter à la suivre et, sans plus attendre, elle rejoint en bondissant le lieu d'où Jemima a parlé. *



* Avatar : cadeau réalisé par Clancy, mon filleul. *
















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Chroniqueuse Crocs
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Poufsouffle
5e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 14:16:12 - Modifié : 12/09/2026 à 14:42:46

Nox avait suivi le manège des deux ... ? Comment dire ? Animhumains ? Le batracien ça ne pouvait qu'être Mira étant donnée sa façon de oui sauter sur la tête et de la regarder avec insistance.

Quant à Jem, elle avait lancé un appel, certainement imprudent, qu'est-ce que la magicienne allait pouvoir faire d'elle ? Est-ce que les créatures présentes avaient compris ?

Difficile de savoir, les métamorphoses ne s'accomplissaient jamais de la même façon pour tous les êtres humains. Certains réagissaient fortement, au point parfois d'avoir du mal à récupérer leur corps de base, surtout si le sort était puissant, ce dont elle ne doutait pas.

Pour d'autres c'était plus difficile. Mirabelle semblait avoir conservé ses facultés intellectuelles, et elle aussi. Pour elle-même, peut-être que sa condition d'animagus Maine Coon l'avait en partie protégée de l'enchantement, mais allez savoir ! Et qu'est-ce qu'il en était des autres ?

En tous cas, elle suivit le batracien qui se dirigeait vers Jemima.

En septembre, lis les Crocs du Blaireau, on attend tes commentaires.
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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 14:42:23

Circé interrompit son chant et l'organisation de sa nouvelle ménagerie lorsqu'elle vit une jeune fille non transformée. Ses sourcils se froncèrent mais elle soupira bien vite, il était rare le temps des personnes qui se laissaient bien transformer sans une quelconque ruse. De la moly ou juste de la prudence, celle-là ne s'était pas fait prendre. Un sourire chaleureux se forma sur son beau visage alors qu'elle écoutait le discours de la jeune fille qui se nommait Jemima. Elle parut charmée par ses paroles, adoucit, et presque amusée par sa tentative.

« Chère Jemima, pour récompenser ta ruse et tes compliments, je t'accorderai un dilemme. Écoute bien ma douce, car cela influencera directement sur ta vie, ton aventure, et bien plus encore pour toi mais aussi tes amis.

Si tu le décides, moi, Circé, je te prendrai en apprentie, ici sur mon île. Tu deviendras une grande sorcière, une héroïne de ta génération. Je te formerai en sortilège ancien que peu de sorciers connaissent, en potion et elixirs qui feraient rougir un alchimiste confirmé. Tu créeras des recettes oubliées de tous, feras des choses extraordinaires. Je t'autoriserai à garder tes amis, comme moi et certains de mes familiers, elles garderont leur esprit clairs et ne l'oublieront pas au profit de leur animalité comme tous les autres. Tu resteras à jamais avec moi, sur cette île ou nous vivrons pour l'éternité.


Elle fit une pause, comme pour laisser le temps à la jeune fille d'imaginer cette vie luxueuse.

Au contraire, tu peux choisir de continuer ton Odyssée. Toi et tes amis. Je vous libérerai et redonnerait à tous leur déguisement humain. Mais je te préviens, la suite sera terrible. Vois-tu, j'ai ce qu'on appelle chez toi, un don de troisième-oeil, et ce que j'ai entre-aperçu sera plus proche du cauchemars que du rêve. Tout d'abord, vous devrez vous rendre au royaume des morts, plus proche d'Hadès, afin de chercher un troisième oeil puissant qui vous guidera grâce à une prophétie. Vous serez confronté à vos pires peurs, à vos sombres regrets, ou encore à vos morts. Et si vous arrivez à suivre la route qu'on vous indiquera, le géant Polyphème ne sera qu'une aiguille sur toute la pelote que vous aurez à affronter. Certains le paieront de leur vie, certains devront faire face à leur trahison, certains se retrouveront changé à jamais. Vous finirez par rentrer, mais à quel prix ?

Son regard pâle était presque soucieux, oui elle faisait le bon choix en préservant toutes ces âmes avec elle. Elle leur évitait une vie aux problèmes ardus, aux choix trompeurs, à la déception amère, à la vengeance sanglante. Il n'y avait qu'à voir ce qu'ils avaient déjà vécu, la transformation de certains adultes montrait à quel point l'innocence était loin, elle n'avait jamais vu de harpie auparavant mais cela en révélait bien plus qu'elle ne l'avait songé. Une vie de grenouille, de castor, de chèvre, d'éléphant ou même encore de chat, valait bien mieux qu'une vie de malheur en tant q'humain.
Chroniqueuse Crocs
Disciple de Slug
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Poufsouffle
7e année
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 15:54:54

* Ainsi, Circé n'avait pas été étonnée outre mesure par le fait que Jemima n'ait pas succombé aux charmes et aux enchantements qu'elle avait mis en place. Depuis le temps, elle devait en avoir l'habitude, que ceux-ci pouvaient être déjoués, d'une façon ou d'une autre.

La jeune fille était étonnée par la sérénité affichée par la magicienne lorsqu'elle s'était présentée à elle. D'autre part, Jem' était également fort étonnée par le dilemme que Circé lui proposait. Comme si celle-ci n'avait pas compris ou ne voulait pas comprendre que, pour ses compagnons d'aventure, comme pour elle-même, l'objectif principal consistait à retrouver leur forme humaine et à rentrer chez eux, retrouver leurs parents, coûte que coûte.

Pour Jemima, c'était une responsabilité énorme que de répondre au nom de ses amis et amies. Mais, déjà, la grenouille qu'était Mirabelle, tout comme le castor qu'était Nox, étaient venus se placer auprès d'elle.

Mesurant à sa juste mesure l'impact et les conséquences que sa réponse pouvait avoir sur l'avenir de ses compagnons, la jeune fille répondit posément au dilemme de Circé. *


JEMIMA : Belle et noble Circé, grande magicienne, je te remercie de m'offrir ces choix, à moi, ainsi qu'à tous ceux et celles qui ont été embarqués malgré eux dans cette aventure.

Je te remercie pour ta magnanimité. La possibilité de vivre une existence de rêve et de magie assurée, d'autant plus en sortilèges et en potions, est absolument tentante, c'est certain. Et pourtant, je me dois de la décliner, avec tout le respect que j'ai pour toi.

Cependant, il me semble que, malgré tous les périls qui nous attendent pour retrouver nos foyers, c'est le choix de tous et de toutes ici présents de reprendre notre forme humaine et de reprendre la mer, quelle qu'en soit l'issue.

* Jemima espéra avoir été suffisamment diplomate et polie dans ses réponses afin de ne pas avoir à subir le courroux de la magicienne.

Elle espérait également que sa réponse correspondait à ce que désiraient tous ceux et celles qui avaient embarqué à bord du Poudlard Express quelques jours auparavant avec des conséquences totalement inattendues. *

Ma p'tite minette IRL est partie au paradis des chats :'(

Crocs du Blaireau
PJ de Joplin Romney et Fiona Romney

Magizoologiste
Serveur
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 4 - Circé
Créé : 12/09/2026 à 17:49:20


L’apparition de l’île n’apporta à Terry qu’un soulagement mesuré. Après la tempête, le silence de la mer lui semblait presque plus inquiétant que le hurlement des vents. Il demeura près de la proue, observant les falaises blanches, les arbres fruitiers et les oiseaux au plumage éclatant qui traversaient le ciel. La végétation abondante promettait de l’eau et de la nourriture, mais elle pouvait tout aussi bien dissimuler des plantes toxiques ou des créatures territoriales. Le souvenir de Polyphème le cyclope était particulièrement présent dans son esprit.

Les animaux furent les premiers à éveiller sa méfiance. Le jeune homme remarqua que les biches ne fuyaient pas à leur approche. Certains oiseaux restaient sur les branches basses et les regardaient passer avec une attention inhabituelle. Les lièvres et hérissons, de nature craintive, restaient à quelques mètres d'eux. Ce comportement ne correspondait ni à celui d’animaux sauvages ni à celui de créatures habituées à la présence humaine. Dans plusieurs de ces regards, il crut reconnaître de la prudence, de la tristesse et même une sorte d’avertissement silencieux. Il ralentit près d’une biche qui le fixait depuis la lisière du bois.


TERRY : Vous trouvez cela normal ? Aucun d’eux ne cherche à nous éviter.

Ses connaissances de magizoologiste l’incitaient à observer leurs postures, leurs oreilles et leur respiration. Ces animaux n’étaient pas détendus. Ils paraissaient résignés. L’odeur du repas vint cependant troubler ses réflexions. Pain chaud, viande rôtie, miel, herbes fraîches : après les privations des derniers jours, chaque parfum semblait plus intense. Terry sentit sa propre faim se réveiller, mais pensa surtout aux élèves. Leurs réserves étaient presque épuisées et plusieurs enfants montraient déjà des signes de fatigue. La demeure de pierre blanche était trop accueillante. La table était dressée avant leur arrivée et la quantité de nourriture semblait avoir été calculée pour eux. Le serveur des Trois-Balais aurait normalement exigé que personne ne touche au repas avant qu’il ait pu examiner les mets et les boissons, mais les circonstances ne le permirent pas, même s'il en eut l'intention.

Circé vint à leur rencontre. Dès qu’elle parla, quelque chose se relâcha dans son esprit. Les soupçons de Terry ne disparurent pas brutalement ; ils cessèrent simplement de lui paraître importants. La présence de la femme semblait donner une explication raisonnable à tout. Les animaux paisibles vivaient sous sa protection. Le repas avait sans doute été préparé grâce à un don de divination. Quant à cette impression d’être attendus, elle n’était peut-être que la conséquence des paroles d’Homère, qui avait pu annoncer leur venue d’une manière ou d’une autre.

Le jeune homme ne pratiquait pas l’occlumancie. Il ne reconnut donc pas l’influence qui se glissait dans ses pensées et émoussait sa prudence. Une part de lui tenta pourtant de résister. Il pensa aux fleurs de lotus, au vin de Polyphème et au mystérieux balluchon, il eut la sensation que tout n'était pas aussi bon que cela paraissait... Depuis leur départ, chaque promesse de salut avait dissimulé un nouveau danger. Il se revit sur le pont au milieu de la nuit, la main tendue vers une corde enchantée. Ce souvenir demeurait aussi indécis qu’un mauvais rêve, mais la culpabilité qu’il éveillait était bien réelle.
Il avait juré de ne plus se précipiter.


TERRY : Nous devrions tout de même examiner la nourriture.

Le regard de Circé se posa sur lui. Si sa voix demeura douce et son sourire maternel, l’objection mourut immédiatement dans la gorge de Terry, ses réticences et doutes furent refoulés par des images de douceur, de bien-être. Refuser l’hospitalité de leur hôtesse lui parut soudain excessivement impoli. Après tout, les élèves étaient affamés. Certains n’avaient presque rien mangé depuis la veille. Les empêcher de se restaurer à cause d’un pressentiment ne ferait qu’accroître leur faiblesse. Il s’installa donc à la table, tout en choisissant inconsciemment une place qui lui permettait de surveiller les plus jeunes. Il évita le vin, mais prit du pain, quelques olives et un morceau de volaille. La première bouchée fut délicieuse. La deuxième fit disparaître les dernières traces de son inquiétude.

Puis son regard rencontra une nouvelle fois celui de Circé et un picotement parcourut ses doigts. Le jeune homme abaissa les yeux et vit ses ongles s’épaissir, se courber et devenir noirs. Il voulut se lever, mais une chaleur brutale se répandit le long de ses bras. Ses os se contractèrent, puis changèrent de forme dans une succession de craquements étouffés. Sa chemise se tendit sur ses épaules avant de glisser autour d’un corps qui n’avait plus rien d’humain. Il essaya de saisir sa baguette mais ses doigts n’existaient déjà plus. Il réussit cependant à crier un dernier message.


TERRY : Éloignez-vous de la table !

Les derniers mots se brisèrent dans sa gorge et s’achevèrent en un grondement rauque. Son dos se courba, ses jambes se raccourcirent tandis que ses muscles se développaient sous une peau désormais couverte d’une fourrure dorée. Des taches noires apparurent sur ses flancs, son torse et ses épaules. Sa mâchoire s’avança ; ses dents devinrent des crocs puissants... Son point de vue sur le monde changea brusquement lorsque ses mains, devenues de larges pattes, retombèrent sur le sol et le conduisirent à appréhender son environnement en étant à quatre pattes... À la place de Terry Mitchell se tenait désormais un jaguar.

Ce choix de Circé, s’il en était réellement un, semblait avoir puisé très loin en lui. Le jaguar appartenait aux forêts de son ancienne école, à cette Amazonie où il avait découvert sa vocation de magizoologiste. C’était un animal solitaire et prudent, capable de demeurer longtemps invisible avant d’agir avec une rapidité extraordinaire. Puissant sans rechercher inutilement l’affrontement, excellent nageur et protecteur de son territoire, il ressemblait à l’aventurier que le serveur des Trois-Balais était devenu : attentif, indépendant et dangereux seulement lorsqu’une vie devait être défendue. Mais se pouvait-il réellement que leur hôte ait tout su de lui, au point de choisir l'animal lui correspondant parfaitement ? Ou bien, le sortilège était-il conçu pour agir ainsi ?

Durant quelques secondes, la transformation submergea entièrement ses sens. Il percevait chaque odeur avec une précision vertigineuse : le miel, la viande, les herbes, la fumée, la peur des autres victimes et la magie âcre dissimulée dans le repas. Il entendait les griffes d’un petit animal racler le sol à l’autre bout de la salle. Il distinguait les battements affolés des cœurs autour de lui. Ce fut ainsi qu’il comprit : les biches, les oiseaux et les autres animaux de l’île n’avaient jamais été apprivoisés, ils étaient des voyageurs transformés par Circé ! Le calme presque humain de leur regard n’était pas de la confiance, mais l’impuissance de ceux qui ne pouvaient plus raconter ce qui leur était arrivé.

Terry tourna sa tête féline vers ses compagnons. Là où se tenaient auparavant des élèves et des adultes apparaissaient désormais des animaux de toutes tailles : de la corneille à l'éléphant en passant par le chèvre, le chat ou le castor. Certains tentaient de fuir, d’autres demeuraient paralysés par la peur. Plusieurs des plus jeunes poussaient des cris désespérés dans des voix qu’ils ne reconnaissaient pas. Une rage immédiate s’empara de lui ! Une fois de plus, il n'avait pas pu protéger les enfants dont il avait la charge ! Une fois de plus, ils étaient tombés dans un piège !

Ses muscles se tendirent et ses griffes sortirent. Il aurait pu bondir sur Circé. Son nouveau corps possédait une puissance dont il mesurait instinctivement l’efficacité. Un saut suffirait pour franchir la table et atteindre la magicienne mais il se retint. Attaquer sans comprendre le sortilège risquait de condamner tout le monde à rester sous cette forme. leur hôte était assez puissante pour transformer un groupe entier en quelques instants ; elle disposerait nécessairement de moyens pour se défendre contre un jaguar, aussi redoutable fût-il. Une attaque irréfléchie ne réparerait rien.

Cette maîtrise lui coûta davantage que sous son apparence humaine. Les instincts du félin exigeaient une réaction immédiate au danger. Pourtant, Terry demeurait présent derrière les yeux ambrés du jaguar même s'il devait lutter pour garder un total contrôle sur son instinct. Il choisit de protéger les élèves. D’un bond, il se plaça entre Circé et les animaux divers qui avaient remplacer les jeunes sorcières et sorciers. Son dos s’arrondit, ses oreilles se rabattirent et un grondement profond emplit la salle. Il ne cherchait pas encore à attaquer, mais son avertissement était sans équivoque.

Circé ne parut pas impressionnée. Son sourire s’élargit, comme si la résistance du magizoologiste l’amusait. Terry recula lentement, poussant les plus jeunes vers l’extérieur. Il tenta de leur parler, mais seuls des feulements sortirent de sa gueule. Il employa alors ce qu’il connaissait du comportement animal : des mouvements mesurés, des contacts légers du museau et des postures destinées à guider sans effrayer. Il rassembla les plus vulnérables derrière lui, comptant mentalement chacun d’eux comme il avait compté les survivants dans la caverne : Il ne voulait en perdre aucun autre ! Le souvenir des élèves dévorés par Polyphème traversa son esprit. À cette douleur s’ajouta celle de Nathan, blessé pendant la tempête, et la culpabilité du balluchon ouvert. Terry ignorait encore quelle part de cette nuit appartenait au rêve, mais il ne pouvait oublier les traces de corde sur ses doigts ni l’impression d’avoir lui-même libéré les vents.

À présent, ses doigts avaient disparu. Il n’avait plus de baguette, plus de parole humaine et plus de mains pour soigner les blessés mais il possédait encore son esprit. Son odorat pouvait peut-être identifier la substance utilisée par Circé. Sa connaissance des plantes lui permettrait de rechercher un antidote parmi les herbes de l’île. Sous sa nouvelle forme, il pourrait explorer la demeure en silence, suivre la trace de la magicienne ou retrouver l’endroit où elle préparait ses enchantements. Un jaguar pouvait se déplacer sans bruit, voir dans la pénombre, nager et franchir des obstacles difficiles pour un humain. La transformation ne le rendait donc pas impuissant. Elle changeait seulement les outils dont il disposait.

Terry fixa Circé une dernière fois avant de reculer vers la porte, toujours placé entre les jeunes animaux et la terrible magicienne. Dans son regard ne demeurait aucune docilité. L'envouteuse pouvait lui retirer sa forme humaine et sa baguette mais elle ne pouvait pas lui enlever ses connaissances, ses valeurs ni sa volonté de protéger ceux qui dépendaient de lui. Et cette fois, Terry n’attendrait pas qu’une autre victime lui rappelle le prix d’une erreur !




« La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. »
Une Saison en Enfer, Arthur Rimbaud

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